Ce que je crois

Ce que je crois

A propos du processus de la création d’éclairages dans le spectacle vivant :

Le travail de la lumière ne peut pas se passer d’un échange, d’un dialogue permanent entre l’éclairagiste d’une part, et le metteur en scène et le scénographe d’autre part.

Le scénographe propose un espace, la lumière propose un temps.

Ou inversement, ou réciproquement.

On pourrait considérer la lumière comme un filtre au travers duquel on perçoit l’espace. Ce dernier peut devenir gai, sombre, morose, inquiétant, simple, proche, si loin, matinal, beau, glauque…

Il n’y a rien de plus subjectif que la lumière.

Chacun d’entre nous, avons notre propre vision des choses qui nous entourent. Chacun d’entre nous avons notre image d’un clair de lune, d’une terrasse baignée de soleil, d’une route sous la pluie.

C’est pour cette raison que le dialogue doit être permanent.

La lumière à ses raisons que la raison ne connait pas.

La lumière est complice de l’obscurité.

Je trouve qu’il faut toujours interroger la qualité de l’obscurité dans chaque image produite. Autrement dit, chaque image doit s’enquérir de sa profondeur.

La lumière doit également tenir compte de la position des comédiens, de leurs costumes, de leur grain de peaux.

La lumiere, pour être juste, se doit d’être évidente, normale. La lumière doit correspondre au propos donné sans pour autant paraphrasé l’action qui se déroule sur le plateau.

Si on a oublié qu’il y avait de la lumière au cours de la représentation, c’est peut être un révélateur quant à la cohérence du projet.

La lumière est un fidèle complice de la dramaturgie.

Aux metteurs en scène de s’appuyer, de se sentir épauler par la lumière.

Aux metteurs en scène de se servir des lumières proposées

La lumière est une humeur, une énergie, une dynamique, une rythmique, une surprise, une illusion.

Elle est en mesure de renouveler le regard, elle peut aussi être une articulation dans la construction du projet.

Avec la lumière, on peut vite être charmé par l’esthétisme que provoque celle-ci :

“ C’est beau ”

Est-ce le bon objectif ?

Au sortir d’une représentation, je préfère entendre “ la lumière était bien “ plutôt que “ Qu’est ce que c’est beau ! ”

Non pas que je refuse le beau, mais je pense toujours à JL Godard lorsqu’il dit : “ Est-ce une image juste ou juste une image ? ”

Et si en plus d’être juste, l’image est belle, alors c’est parfait.

La lumière a le pouvoir de ne pas montrer.

Elle peut tromper, jouer des tours.

Lorsqu’elle est trop forte, elle aveugle, elle écrase l’image.

L’une des meilleures appréciations que j’ai entendu était la suivante :

“ Qu’est ce que c’était bien, le passage du loup dans le noir ! “

Le spectateur à vu le loup dans le noir !

Mais alors, si il a vu le loup, c’est qu’on n’était pas dans le noir.

Ainsi la lumière provoque, induit des sensations.

Elle déclenche l’imaginaire.